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UTMB : où en est l’impact carbone de l’évènement ?

Par La Rédaction , le 21 août 2026 , mis à jour le 21 août 2026 - 4 minutes de lecture

L’UTMB Mont-Blanc poursuit sa mue environnementale, mais le défi reste immense. Alors que Protect Our Winters (POW) vient de publier les résultats carbone de l’édition 2025, l’organisation met en avant une série de mesures destinées à réduire son impact. Au cœur du problème : les déplacements des coureurs et de leurs accompagnants, qui représentent l’immense majorité des émissions de l’événement.

Alors que va s’ouvrir à partir de lundi 24 août la 23ème édition de l’UTMB, une question incontournable refait surface : L’UTMB peut-il continuer à grandir tout en réduisant son empreinte carbone ? Les canicules et catastrophes climatiques vécues cet été incitent encore davantage à se poser la question de l’impact d’un tel environnement sur un territoire, en l’occurrence ici, une vallée.

Dans son premier rapport d’impact RSE, dévoilé en juin dernier, l’organisation reconnaît elle-même que « la croissance appelle des questions » et identifie la mobilité comme son principal défi environnemental.

Selon les résultats communiqués par Protect Our Winters (POW), association française de lutte contre le changement climatique, le bilan carbone de l’édition 2025 atteint 24 400 tonnes de CO₂e, soit une baisse de 3 % par rapport au chiffre 2024 retenu par l’association. POW estime que cette diminution est principalement liée à la réduction du nombre de personnes présentes lors de l’événement : environ 280 coureurs de moins, mais aussi quelque 560 médias, invités et partenaires en moins.

Une comparaison à manier toutefois avec précaution : dans son rapport RSE, l’UTMB présente pour 2024 un bilan de 18 600 tonnes de CO₂e.

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Le transport au cœur du problème

Quel que soit le mode de calcul retenu, les conclusions convergent sur un point : le transport constitue de très loin le premier poste d’émissions.

Dans son bilan 2024, l’UTMB estime que les déplacements représentent 88 % de son empreinte carbone. L’avion représente à lui seul 85 % des émissions liées aux trajets domicile-événement des coureurs et accompagnants, alors que la voiture reste le moyen de transport le plus utilisé par les participants français et européens.

POW, qui travaille depuis deux ans sur la question avec l’organisation, apporte une lecture complémentaire des chiffres 2025 : 89 % des émissions seraient liées aux transports des coureurs et accompagnants. Selon l’association, 38 % des coureurs viennent en avion et 50 % en voiture. Surtout, les 25 % de coureurs transcontinentaux seraient responsables de 84 % des émissions liées aux transports.

Un chiffre qui résume à lui seul le paradoxe de l’UTMB. L’événement tire une grande partie de son identité et de son rayonnement de son caractère international. Des coureurs de plus de 100 nationalités participent chaque année aux différentes épreuves autour du Mont-Blanc. Mais cette internationalisation a une conséquence directe sur son empreinte carbone.

UTMB : réduire, mais aussi contribuer

L’UTMB a annoncé en 2025 un objectif de réduction de 20 % de ses émissions d’ici 2030, avec 2024 comme année de référence. Sa stratégie repose sur deux piliers : réduire les émissions produites par l’événement et contribuer, en parallèle, au financement de projets de transition climatique.

Depuis 2026, l’organisation a notamment instauré un système de bonus de 30 % dans la loterie pour les coureurs qui s’engagent à privilégier le mode de transport le moins carboné possible pour se rendre dans les vallées du Mont-Blanc, s’inspirant ici grandement de l’autre grande course chamoniard : le Marathon du Mont Blanc. Une contribution carbone obligatoire concerne également les différentes parties prenantes de l’événement, coureurs, partenaires et exposants, tandis que l’organisation prend en charge ses propres émissions liées notamment au personnel, aux bénévoles et à la logistique.

L’UTMB travaille aussi depuis plusieurs années sur les déplacements locaux. Son dispositif UTMB Mobility mobilise 120 bus sur 15 lignes et 28 stations, avec plus de 500 000 euros investis chaque année depuis 2023. L’organisation indique par ailleurs que 80 % des points stratégiques du parcours sont désormais inaccessibles en voiture personnelle.

D’autres mesures concernent les déchets et la préservation des sentiers. En 2025, les volumes de déchets générés à Chamonix auraient diminué de près de 15 % par rapport à 2024. Plus de 50 personnes ont également participé à des chantiers de réhabilitation des sentiers, répartis entre la France, l’Italie et la Suisse.

Le casse-tête des vols internationaux


Pour POW, ces mesures vont dans la bonne direction mais ne permettront pas, à elles seules, d’atteindre l’objectif de -20 % en 2030. L’association estime notamment que le bonus accordé aux coureurs venant par des moyens de transport moins carbonés risque d’avoir un effet limité sur les vols intercontinentaux.

C’est là que se situe probablement le débat le plus délicat. Comment conserver une épreuve ouverte au monde entier tout en limitant les déplacements les plus émetteurs ? POW propose notamment de réfléchir à une limitation de la participation intercontinentale. Autre possibilité évoquée : poursuivre la réduction du nombre total d’acteurs présents sur l’événement ou la récurrence de l’évènement.

Mais elle pose une question fondamentale : jusqu’où réduire la taille d’un événement sans remettre en cause ce qui fait son succès ?

Car l’UTMB ne se résume pas à une course. Son rapport d’impact revendique un événement devenu « la référence mondiale » de l’ultra-trail, rassemblant des milliers de participants et générant près de 45 millions d’euros de retombées économiques pour l’Espace Mont-Blanc. En 2025, 445 000 euros ont par ailleurs été reversés à 20 associations, dont près de 235 000 euros affectés à des projets locaux.

L’équation est donc complexe : réduire l’empreinte carbone sans réduire l’impact économique et sportif de l’événement. L’UTMB a désormais posé un objectif chiffré et engagé plusieurs actions. Mais les chiffres montrent que l’essentiel du travail reste à accomplir sur les déplacements longue distance.

Et sur ce terrain, aucune navette, aucun tri des déchets et aucune contribution carbone ne pourront remplacer une mesure beaucoup plus difficile à accepter : faire venir moins de personnes, ou moins souvent, de très loin.