Matthieu Lespine s’apprête à faire le tour du monde en courant !
À 29 ans, Matthieu Lespine débute ce vendredi 9 janvier un tour du monde en courant. Originaire du Berry, ce passionné de course à pied, d’aventures et de nature, lancera son défi depuis Bologne, en Italie. Première étape : se rendre à Pékin, pour ensuite envisager une traversée de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, puis de l’un des deux hémisphères de l’Amérique.
Sportif depuis son adolescence, ayant notamment participé à de nombreux Ironman, Matthieu Lespine n’est pas un coureur comme les autres. S’il performe autant sur les épreuves de route, comme le Marathon de Nevers qu’il a remporté en novembre dernier (2h33), qu’en trail, ce qui lui plaît avant tout, ce sont les sorties au long cours, au très long cours même.
Ce vendredi 9 janvier, il s’apprête ainsi à prendre le départ d’une aventure hors du commun consistant à faire le tour du monde en courant. Son objectif : traverser au moins quatre continents en courant et parcourir au moins 26 500 km, les deux principales conditions demandées par la WRA, la World Runners Association, pour homologuer un tel exploit. Un voyage en solo qui lui prendra entre un an et demi et trois ans et qui l’amènera à courir dans la plupart des régions du monde.
Une idée toute récente !
Encore plus bluffant, cette idée de tour du monde est née il y a seulement quelques jours. « À la base, j’avais “simplement” le projet de faire Bologne-Pékin en courant car je ressentais cette envie de partir en voyage et de découvrir la Chine. Puis, juste avant Noël, j’ai découvert complètement par hasard qu’il existait une organisation, la WRA, qui répertoriait de manière très officielle les coureurs qui faisaient le tour du monde en courant. »
Le jeune homme originaire du Berry prend alors contact avec Marie Léautey, qui est à ce jour la 7ᵉ personne au monde à avoir réalisé cet exploit et qui œuvre pour faire connaître cette organisation. « À partir de là, mes plans ont changé. Je me suis dit que tant qu’à aller jusqu’à Pékin, autant aller au bout du truc. C’est le petit truc en plus qui m’a motivé. »
Un aventurier expérimenté

Aussi dingue que cette aventure puisse paraître, faire le tour du monde en courant n’a pas l’air d’effrayer plus que ça le jeune homme. Il faut dire que l’aventure, il connaît.
Après un cursus en école d’ingénieur, Matthieu Lespine est embauché dans l’industrie automobile. Mais très vite, il décide de tout plaquer. À seulement 23 ans, il s’en va donc, avec son amie de l’époque, en Afrique, où il longe toute la côte est pour rallier l’Afrique du Sud en auto-stop. Un voyage de deux ans qui modifiera complètement sa façon de vivre. « Je suis revenu il y a quatre ans et depuis je vis dans un van aménagé. Je fais les saisons l’hiver et le reste du temps, je le passe dehors, et notamment à courir. »
Adepte des GR, ces chemins de randonnée qui sillonnent le territoire français, Matthieu les parcourt très régulièrement tout au long de l’année. Soit en mode randonnée avec des amis sur plusieurs jours, soit en mode « record », tentant de battre les fameux FKT (Fastest Known Time).
Excellent coureur (il court le marathon en 2h33 et compte plusieurs ultra-trails à son palmarès), l’ingénieur de formation est donc surtout et avant tout un grand amoureux de la nature et des grands espaces. Il pourra ainsi compter sur une expérience de l’aventure et de la vadrouille déjà pléthorique.

Première étape : la Chine
Ce vendredi 9 janvier, Matthieu Lespine débutera ainsi son périple à travers le monde par une première étape d’envergure qui lui permettra d’atteindre Pékin, en Chine, depuis Bologne, en Italie. Au programme : entre 15 000 et 17 000 km qu’il espère parcourir en l’espace d’un an.
« Mon idée de départ était de partir de Bologne pour faire le sud de l’Italie puis de rejoindre la Grèce en bateau. Mais pour que mon tour du monde soit homologué par la WRA, il faut respecter certaines règles, dont celle qui m’interdit de prendre le bateau. J’ai donc dû revoir en partie mon tracé. »
Du nord de l’Italie, Matthieu rejoindra donc la Slovénie, puis l’Albanie, la Grèce et la Turquie, qu’il traversera en entier. Une énorme partie l’attend ensuite à travers la Géorgie, la Russie, puis tous les pays en -stan : Kazakhstan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizstan et Kazaghstan. C’est depuis ce dernier pays d’Asie centrale qu’il fera son entrée en Chine, par le nord. Il lui restera alors 6 000 km pour rejoindre Pékin, qu’il devra parcourir en plusieurs périodes en raison d’un visa limité dans le temps.
Ne pas se mettre de pression
« Il y a encore pas mal d’inconnues, d’autant plus que je fais privilégier les tracé trail plutôt que la route, mais j’espère être arrivé à Pékin pour Noël prochain », explique-t-il, sans se mettre plus de pression que nécessaire. « Dans ce genre de projet à long terme, il faut savoir rester à l’écoute de son corps et de ses envies. Je ferai beaucoup en fonction de mon ressenti. Si je peux courir 50 km par jour, ce sera déjà une bonne base. La seule chose que je sais, c’est que sur les FKT que j’ai déjà faits, j’étais capable de courir 80 km par jour. Mais c’était sur une période de trois semaines maximum ! »
Une grande partie du projet est encore floue pour Matthieu. Si l’étape Bologne-Pékin est bien calibrée, car réfléchie et travaillée depuis plus d’un an, le reste ne s’est décidé qu’il y a trois semaines.
« Mon voyage peut durer un an et demi comme trois ans. Ma seule intention, c’est de vivre une expérience de course et d’aventure. Le reste, c’est le chemin qui décide. »
Après Pékin, il aimerait enchaîner rapidement sur la traversée de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande avant de rallier l’Amérique du Sud pour traverser tout le continent. Il devra obligatoirement terminer son périple en ralliant Bologne depuis la côte Atlantique.
S’il y parvient, Matthieu Lespine deviendra alors le plus jeune coureur à traverser le monde en courant. Ils sont pour l’instant sept à l’avoir fait, dont deux Français : Serge Girard et Marie Léautey. Mais, en plus de Matthieu, ils sont actuellement sept autres aventuriers quelque part sur la planète à tenter de boucler la boucle !
Au quotidien : courir le plus léger possible
Équipé d’un sac très léger fourni par Raidlight, qui le soutient dans cette aventure, Matthieu Lespine courra chaque jour avec 9 kg sur le dos. Pour dormir, il pourra compter sur une tente très légère mais surtout, il espère miser sur les rencontres pour dormir chez l’habitant.
Son aventure sera à suivre principalement sur son profil Strava : @Matthieu Lespine





