Rétro-running : Jules Ladoumègue
Aujourd’hui tombé dans l’oubli, Jules Ladoumègue fut pourtant le sportif français le plus populaire de l’Entre-deux-guerres. Un véritable géant du demi-fond, que la vie n’a pas épargné… Il avait des jambes aussi célèbres que celles de Mistinguett. Bientôt, des stades et des centres sportifs porteraient son nom et l’expression « courir comme Ladoumègue » passerait dans le langage courant. La France des années 1930 a aimé Jules Ladoumègue comme un seul homme, touchée par son talent sublime et son destin terrible. Depuis sa naissance dans la banlieue bordelaise, en décembre 1906, jusqu’à sa traversée triomphale de Paris devant 400 000 personnes, l’existence de « Julot » a ressemblé à une longue succession d’événements merveilleux et dramatiques. Et sa trajectoire fulgurante, stoppée nette en pleine gloire, surpasse la fiction. La vie de Jules Ladoumègue bascule dans la tragédie dès sa naissance. Le nouveau-né ne connaîtra jamais son père, contremaître sur les docks, disparu quelques semaines plus tôt, écrasé sous des piles de bois. Et il a 17 jours quand sa mère, brûlée dans un incendie…
